'La Vieille Dame' portrait de groupe [1600x1200]

 

Saint Lisier  [Güllen, dans le texte allemand d’origine] est une petite ville naguère charmante et prospère mais aujourd’hui ruinée, sinistrée. Les laminoirs, les forges, les usines, qui firent sa fortune sont désormais à l’abandon. L’auberge de « l’Apôtre Doré », où dormit, dit-on, Victor Hugo et où Brahms aurait composé un quatuor, a perdu son éclat et sa clientèle aisée d’autrefois. A la gare ne s’arrête plus qu’un omnibus brinquebalant et peu fréquenté. Les rapides, eux, la traversent sans même ralentir, à plein vitesse. Le maire et le conseil communal ne savent plus que faire pour sortir la ville et ses habitants du marasme.

 

C’est alors que s’annonce « la vieille dame » : Claire Zahanassian, une enfant de Saint Lisier qui, sur le tard, revient au pays fortune faite. Une fortune colossale dont tous espèrent qu’elle s’investira massivement dans le redémarrage économique de la ville. La milliardaire laisse entendre qu’elle en a effectivement l’intention. A une condition près…

 

La ‘vieille dame’ de Friedrich Dürrenmatt, est, côté clair, la version féminine du fameux ‘oncle d’Amérique’, dont  l’inattendu et fabuleux héritage rend désormais possibles tous vos rêves et plus encore. Côté obscur, c’est  un avatar de Méphisto qui vous confronte à une part de vous-même dont vous auriez bien voulu ne jamais rien savoir.

 

Quel est  le prix de nos désirs, et celui de nos craintes ? De quels actes, de quels renoncements, sommes-nous prêts à payer nos attentes ? A quoi sommes-nous capables de consentir, et jusqu’où, pour éloigner nos peurs ? Le pire est parfois séduisant, et l’on peut toujours espérer qu’il paiera…

On peut aussi lui résister.

 

En trois actes tragi-comiques, grinçants, provocants, c’est toute la question que Friedrich Dürrenmatt, avec La Visite de la Vieille Dame, nous pose, inlassablement : quel est votre choix ? Quel est votre prix ?