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Des 'questions qui fâchent' à propos du GIAThéâtre il y en a en fait très peu. Trois tout au plus, et encore !...

L'une d'entre elles est parfaitement anodine : pourquoi les noms des actrices et des acteurs ne sont-ils jamais mentionnés ? La réponse est : "parce que" ! Réponse un peu courte, convenons-en, mais parfaitement exacte. Depuis quatre décennies il est de tradition de ne mettre en avant que le seul nom de la troupe et aucunement celui de ses membres. C'est un choix qui n'a jamais été remis en cause.

En revanche le nom de la troupe, lui, a naguère été vigoureusement contesté en raison de sa similarité avec celui, tragiquement célèbre, d'un mouvement paramilitaire et confessionnel  étranger. Il est vrai que jouer Saute ou Tonkin-Alger  quand on s'appelle "le GIA" pouvait alors sembler assez provoquant, à tout le moins plutôt imprudent ! Curieusement cette contestation, parfois virulente, ne s'est exprimée qu'en interne : à de très rares exceptions près -des nouveaux venus dans le département- aucun Aurillacois, aucun Cantalien, ne nous a interpellés sur ce point. Finalement, après bien des tergiversations et une tentative de ravalement de logo, il fut décidé de ne rien changer. A ceci près, toutefois, que nous accolons sytématiquement le mot 'théâtre' aux trois initiales du Groupe d'Initiation Artistique des origines.

 Mais "la" question, celle qui fait vraiment débat et qui en effet 'fâche' parfois, est bien celle de nos choix de pièces et, plus largemment, de nos partis pris artistiques. Le public, souvent, nous la pose : dans la sélection des auteurs et des textes, le GIAThéâtre serait trop "sérieux", trop "cérébral". Pas assez porté sur le divertissement léger et 'bon enfant'. En bref et sans langue de bois : 'intello et pas rigolo'. C'est tout de même passer un peu vite sur les comédies de Molière, Bonal, Feydeau, Darley, Valentin, Ribes, Marivaux... Plus nombreuses, au bout du compte, que les tragi-comédies de Brecht, Tilly, Gorki, Durif... Cela dit, la question circule également parmi les membres de la troupe, désireux, eux aussi, loin de tout 'intellectualisme', de rire et faire rire. Mais de quoi ? Et comment ? Là est tout le fond de la question. De la tragédie au vaudeville en passant par la comédie et le boulevard, pour ne citer que ceux-là, il existe plusieurs genres de théâtre. Chacun de ces genres est respectable en soi. A la condition qu'il respecte le public. Elle est essentielle. Dès l'origine, de par son statut associatif, le GIAThéâtre s'est assigné ce que l'on appelait à l'époque (1969) une "mission d'éducation populaire". Il s'agissait de contribuer, avec d'autres, à l'ouverture d'esprit du public vers des formes d'expression artistique innovantes; d'oeuvrer à l'évolution des représentations trop convenues,  très 'formatées'. Cette ambition, cette forme de militantisme, ont été transmises d'année en année aux troupes successives qui ont assuré la pérennité du GIAThéâtre. Cela a amené, par nécessité, à privilégier des pièces et des mises en scène exigeantes, éloignées des 'standards' imposés, parallèlement, par la télévision : principalement le boulevard et le vaudeville. D'autres troupes de comédiens amateurs du pays d'Aurillac -et au-delà- servent fort bien, avec succès, ces formes d'expression théâtrale. Le GIAThéâtre a fait, et maintient, le choix d'une autre approche, sans doute plus dérangeante, probablement plus risquée, mais assurément nécessaire.